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title: Quitter Batigest sans perdre cinq ans de données
description: 'Quitter Batigest sans rien perdre : export complet, archive vérifiée,
  reprise par couches, répétitions et recomptage, et ce que chaque étape a révélé.'
url: https://sxnlabs.com/programming/2026/11/05/quitter-batigest-sans-perdre-ses-donnees/
lang: fr
date: '2026-11-05T09:00:00+01:00'
tags:
- Migration de données
- Batigest
- Logiciel de gestion
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# Quitter Batigest sans perdre cinq ans de données

Une entreprise du bâtiment de 23 personnes quitte Batigest pour un logiciel écrit pour elle. Elle y a accumulé cinq ans de données : 1 075 clients, 421 chantiers, un catalogue de 1 776 articles, 2 642 devis et 2 623 factures. Un dirigeant dans cette situation se demande d'abord ce qu'il va perdre. Ici, rien, parce que la migration a suivi un ordre précis. Voici les étapes, et ce que chacune a révélé.

## Obtenir toute la base, pas l'écran d'export

Le premier export est sorti de l'écran prévu pour ça dans Batigest : douze fichiers Excel, clients, chantiers, devis, factures, fournisseurs. En les ouvrant, il manquait l'essentiel. Les devis et les factures n'y avaient que leur en-tête (numéro, client, date, totaux), sans une seule ligne de détail, et les ouvrages n'avaient pas leur composition.

Il a fallu une seconde extraction, depuis une sauvegarde complète de la base de Batigest : 253 tables, dont plus de 600 000 lignes de devis et de factures. Même là, les données portaient des défauts invisibles à l'écran. 320 dates vides étaient enregistrées au 30 décembre 1899, et 11 096 cellules contenaient des caractères invisibles. Mieux vaut le découvrir avant l'import qu'au milieu.

## Tout archiver avant de trier

Avant de décider quoi reprendre, chaque ligne de chaque fichier a été copiée dans une archive : 26 fichiers, 764 587 lignes. L'archive est comparée à la source cellule par cellule, sans un seul écart, et reste consultable dans le nouveau logiciel, avec une recherche sur tout son contenu.

Cette archive change la façon de décider. Les commandes, les factures fournisseurs ou la fiche des salariés ne sont pas reprises dans le logiciel, mais elles ne sont pas perdues pour autant. Si l'entreprise en a besoin un jour, la donnée est là, vérifiée.

## Reprendre par couches

Un devis cite un client, un chantier et des articles du catalogue. S'ils n'existent pas encore dans le nouveau logiciel, il ne peut pas être importé. La reprise suit donc l'ordre des dépendances : les clients, puis les chantiers, les sous-traitants, le catalogue, et en dernier les devis et les factures.

Chaque couche a demandé ses propres décisions. Batigest ne distingue pas clairement une entreprise d'un particulier. Le SIRET et la civilité ont permis d'en classer 1 018, et 57 clients sans SIRET ont été repris comme particuliers, à vérifier. 123 fiches se partagent 57 noms, des doublons probables que l'entreprise triera elle-même. Côté catalogue, 48 articles au taux de TVA ambigu ont été mis de côté au lieu d'être repris avec un taux deviné.

## Décider ce qui reste figé

Un devis ou une facture importé reste le document que le client a reçu. Rien n'est réémis, ni numéro, ni facture électronique, ni email, et les totaux restent ceux de Batigest. Un devis signé, terminé ou refusé est figé. Un devis encore en cours peut être renvoyé et signé dans le nouveau logiciel, mais ses prix ne bougent plus. Les recalculer depuis les lignes donnait d'autres montants que ceux que le client avait lus.

Pour les factures, la première décision était de toutes les archiver, parce que l'export ne contenait « aucune information de règlement ». C'était faux, la colonne « Reste à payer » en est une. 164 factures avaient encore un solde à la date de l'export. Archivées, elles seraient sorties des encours, et plus personne ne les aurait réclamées. Elles restent donc à suivre, avec leur solde.

<figure class="schema">
  <img width="1000" height="470" src="/images/posts/reprise-batigest/figes-et-vivants.fr.svg" alt="Répartition des documents importés : sur 2 642 devis, 1 209 signés, terminés ou refusés restent figés et 1 433 en cours, en attente ou à réviser restent ouverts ; sur 2 623 factures, 2 459 sont archivées et 164 avec un reste à payer restent envoyées." />
  <figcaption>Le statut Batigest décide de ce que devient chaque document importé.</figcaption>
</figure>

Le critère de ce tri compte autant que le tri lui-même. Le logiciel exemptait de la certification de TVA réduite tout devis venu de Batigest, comme s'il s'agissait d'historique. Un devis encore à signer, à 10 %, se faisait donc refuser à la signature. Le critère est maintenant le statut dans Batigest, et seuls les devis déjà signés, terminés ou refusés sont exemptés.

## Répéter sur une copie

Avant de toucher à la production, l'import a tourné sur des copies, de juillet à octobre, et presque chaque passe a trouvé quelque chose. Un fichier Excel était lu comme un fichier texte. Les avoirs, exportés comme des factures négatives, étaient refusés. 33 devis avaient un client différent de celui de leur chantier, et des codes de TVA inconnus bloquaient le catalogue. Aucun de ces problèmes n'a atteint la production.

## Basculer, puis recompter

L'historique, des clients au catalogue, a été basculé un soir de septembre. L'application a été gelée quelques minutes, et l'ancienne base est restée en place pour revenir en arrière si besoin. Les devis et les factures ont suivi début octobre.

Après chaque bascule, tout a été recompté contre la source. 1 075 clients et 421 chantiers, sans écart. 2 642 devis, aux totaux identiques au centime. 2 622 factures sur 2 623 : la manquante contient une valeur que la base refuse, elle reste dans l'archive en attendant d'être reprise.

## Ce qui reste à faire

Certains documents ne rentrent dans aucune case. 33 devis et 303 factures citent un chantier ou un devis d'un autre client. Ils sont importés sur leur client d'origine, sans ce lien, et l'entreprise reçoit la liste pour les rattacher. 423 devis encore ouverts échouent à un contrôle de cohérence de leurs totaux et ne peuvent pas encore être envoyés en signature.

Reste surtout l'écart entre l'export et la bascule. L'export date de juin, et l'entreprise a continué à travailler dans Batigest depuis. Les factures émises entre-temps ne sont pas dans le nouveau logiciel, et les soldes sont ceux de juin. Juste avant que les équipes basculent, un nouvel export complet sera pris, et l'import rejoué dessus avec le même recomptage. Les répétitions servent aussi à ça : l'import a déjà tourné sur plusieurs copies, il tournera une dernière fois sur cet export.

Si vous changez de logiciel de gestion, posez ces questions à votre prestataire avant de commencer :

- Partez-vous de l'écran d'export ou de la base complète ?
- Que devient ce qui n'est pas repris ?
- Combien de répétitions avant la production, et sur quelles données ?
- Comment recomptez-vous après l'import ?
- Que deviennent les documents créés entre l'export et la bascule ?
