Argos, le logiciel qui me sert de CRM et de supervision des applications que j’héberge, n’a qu’un utilisateur : moi. Depuis février 2026, il expose un serveur MCP. Le 30 juin, j’en ai retiré les formulaires de création et d’édition. Je le pilote depuis en phrases dans Claude, et une douzaine d’agents d’Hermès, mon outil d’automatisation, passent par le même serveur.
Des outils à la place des formulaires
Le changement tient en deux pull requests du même jour. La première a ajouté des outils qui font en un appel ce qui demandait plusieurs écrans. log_interaction enregistre une activité, une note et la relance qui suit. get_context rassemble tout ce qui concerne une société ou un deal. daily_briefing donne les priorités du jour. Le tri des emails se fait en deux appels, pour que la confirmation passe par la conversation : Claude présente l’attribution proposée et ne l’applique qu’après mon accord.
La seconde a retiré 2 777 lignes pour en ajouter 412. Projets, sociétés, contacts, deals, devis et todos n’ont gardé que leurs écrans de lecture et quelques gestes directs, comme déplacer un deal dans le kanban. La règle tenait en une ligne dans la description de la PR : MCP fait le travail, l’interface garde ce qui se regarde (listes, kanban, calendrier) et la configuration qu’on ne fait qu’une fois.
Après un appel avec un client ou un prospect, c’est Granola qui pousse le résumé de la conversation dans Argos, sans que je remplisse un seul champ.
Le même serveur pour mes agents
Les agents n’ont ni API à part ni écran dédié. Ils appellent les mêmes outils que Claude, avec le rôle que chaque outil exige :
- trois agents lisent la liste des applications supervisées pour suivre les déploiements, les certificats TLS et les temps de réponse ;
mockup-builderréclame les demandes de maquettes de site, les génère et rend le résultat ;llm-workerréclame les appels LLM d’Argos et les exécute sur ma machine, et Argos repasse par l’API quand une tâche échoue ;reach-notifierm’annonce chaque premier email de prospection sur Telegram, et Argos ne l’envoie que 24 h plus tard, sauf si je refuse.
Un outil ajouté sert aussitôt à Claude comme aux agents. En octobre, complete_todo a été écrit pour que les agents puissent clore les todos qu’ils créent : ils les gèrent seuls depuis, et je les vois passer dans mon calendrier.
Le produit grandit par ses outils
Le serveur comptait 45 outils fin juin, il en compte 91 aujourd’hui, sans qu’un formulaire revienne. Quand une action manque, j’ajoute un outil avec ses tests au lieu de dessiner un écran. En août, l’archivage et la suppression d’un deal créé par erreur sont arrivés ainsi, et la même PR a trouvé pourquoi des deals en double apparaissaient : le tri des prospects en ouvrait un second sur une société déjà dans le pipeline.
Ce que ça demande
Un manque ne se voit plus à l’écran, je le découvre quand Claude répond qu’il ne peut pas. Et la description d’un outil devient l’interface. Le 13 octobre, celle de create_deployed_application présentait le seuil d’alerte comme un nombre de rapports manqués, alors qu’il s’exprime en secondes partout dans le code : un modèle pouvait écrire 3 et déclencher une alerte au bout de trois secondes. Le formulaire affichait l’unité et la valeur par défaut, le modèle ne voit que la description. Je relis donc ces descriptions comme des écrans.